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Les Verts - Nord Pas-de-Calais | ![]() |
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Le carbone, le dioxyde de carbone pour être exacte, c’est quoi ? C’est un gaz à effet de serre qui provient du feu, de la combustion des énergies fossiles. C’est ce feu qui consume jusqu’à l’épuisement le pétrole, le gaz et le charbon. Ce feu qui a transformé notre atmosphère en une source de maladies et de fléaux climatiques. Pourtant l’air, le soleil, la terre sont des sources d’énergies renouvelables, qui peuvent être quasiment non polluantes. Nous pouvons les utiliser pour répondre à nos vrais besoins. Si un homme du futur venait nous voir aujourd’hui, il nous dirait sans doute « Mais pourquoi tout ce gâchis ? Pourquoi vous-êtes vous mis à brûler tout ce pétrole et tout ce charbon ? Pourquoi avez-vous fait tous ces dégâts ? »
Les plus catastrophistes pensent qu’il n’y aura même pas d’homme du futur, que peut-être comme les dinosaures nous disparaîtrons ... Car si nous ne parvenons pas à maintenir en dessous de 2°C l’augmentation de la température, il y a un risque d’emballement du changement climatique. Les catastrophistes éclairés pensent, quant à eux, que cette menace doit être une occasion pour l’homme de changer, non seulement de changer d’énergie... mais de vie, de civilisation. Dans le Nord-Pas-de-Calais, notre paysage et notre mémoire sont marqués par cette économie qu’on disait glorieuse, mais qui était en réalité si fragile et toute entière basée sur l’exploitation de l’homme, de l’écosystème et de l’énergie. Beaucoup de partis politiques proposent pourtant aveuglément de poursuivre ce modèle. Nous pensons qu’il est tant de tourner la page.
A l’heure de Copenhague, il faut redonner le choix aux citoyens. Dire cela, ce n’est pas aussi simple que de déclarer que nous avons la solution, ou même de taire les vrais problèmes auxquels nous sommes confrontés. Pour décarboner le Nord-Pas-de-Calais, il nous faut ensemble construire une nouvelle politique énergétique, repenser l’économie et l’aménagement du territoire régional. Mais nous ne partons pas de rien, nous avons des propositions. Par exemple, nous pourrions favoriser la décentralisation énergétique et nous passer du nucléaire. Cela conduirait à la création de près de 30000 emplois d’ici à 2050 !
Pour décarboner le Nord-Pas-de-Calais, nous ne pourrons pas nous contenter de nouvelles techniques plus propres. Nous devons faire un choix politique. Le Nord-Pas-de-Calais a été, dans le passé, une région exemplaire dans sa docilité à se mettre au service d’un essor industriel. Notre rêve, aujourd’hui, est de faire du Nord-Pas-de-Calais une région exemplaire dans sa capacité à sortir de l’ère industrielle et nucléaire pour bâtir, avec ses habitants, un avenir plus écologique et plus humain.
La suite est entre nos mains, à nous tous et à nous toutes.
Madjouline Sbai Sociologue, membre des Verts.
"A L’HEURE DE COPENHAGUE, IL FAUT REDONNER LE CHOIX AUX CITOYENS“ Gildas Le Saux
Géographe, membre de l’association Virage énergie.
QU’EST-CE QU’ON ATTEND ?
Vous avez conçu un scénario qui divise par 4 les émissions régionales de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050 sans faire la révolution.
En effet, nous nous sommes volontairement imposés la contrainte d’une croissance économique de 2% par an. L’idée était de s’adresser aux décideurs publics et privés pour leur dire : l’objectif est tout fait atteignable, on peut réduire drastiquement nos rejets de GES en créant 28 000 emplois d’ici 2050 dans le seul secteur de la production d’énergie. Libre à nous d’aller encore plus loin en s’engageant dans d’autres modes de développement et des modes de vies moins énergivores.
Expliquez-nous le prodige.
D’abord, on sort du nucléaire entre 2020 et 2030. Gravelines aujourd’hui, c’est à peine 1200 emplois. Non seulement le nucléaire représente un risque d’accident et un délétère fardeau de déchets mais en plus, cette technologie est socialement contre-productive. Débarrassés de ce mythe de l’énergie pas chère, propre et inépuisable, on peut commencer à réfléchir à partir des atouts et contraintes de la région. Le Nord-Pas-de-Calais est fortement urbanisé : profitons-en. En développant des réseaux de chaleur alimentés par des chaudières brûlant du biogaz ou des briquettes de déchets de bois, pour chauffer maisons et entreprises, on réduit notre dépendance pétrolière et nucléaire, et on crée des emplois nouveaux. L’énergie du soleil et du vent est aussi mise à contribution dans cette nouvelle répartition des sources d’énergie : nous proposons des parcs éoliens terrestres à taille humaine et des unités off-shore beaucoup plus vastes, pourquoi pas exploitées en mer du Nord avec nos voisins.
Du vent et du soleil suffisent à nous satisfaire ?
Parfaitement, parce que dans le même temps, nous mettons un terme aux gaspillages pour devenir efficaces et sobres. L’industrie représente 60% de la consommation électrique dans la région. En rénovant et en modernisant moteurs et installations avec des technologies existantes et fiables, on réduit de 40% la consommation en 2050. Rechercher l’efficacité énergétique s’applique en particulier à la sidérurgie dont on peut par ailleurs, avec des technologies là aussi disponibles et en ayant recours à d’autres combustibles que le coke, réduire de 75% les émissions de GES tout en maintenant l’emploi. En matière d’urbanisme, le retour à une ville plus compacte et l’arrêt de l’étalement urbain permettent de limiter les déplacements et de conserver de l’espace pour une agriculture de proximité. Mieux isolés enfin et surtout, les bâtiments consomment moins. Au final, nous avons besoin de moins d’énergie pour un confort inchangé et une qualité de vie accrue.
Qu’est-ce qu’on attend ?
Les blocages ne sont pas techniques, ils sont politiques et culturels. La bataille pour le climat se gagnera dans la tête de nos dirigeants et de nos concitoyens.
Dominique Plancke
Conseiller régional, président de la commission transport, membre des Verts.
BILAN CARBONE
Sous l’impulsion des Verts, la région a engagé des politiques fortes. Le plan forêt vise à multiplier par deux la surface boisée d’ici 2040, les écosystèmes forestiers étant l’un des meilleurs puits de carbone possible. Sur le front des énergies renouvelables, grâce aux politiques incitatives adoptées depuis la présidence verte, on est passé de 14 demandes d’aide pour des installations solaires en 2001 à 150 par semaine aujourd’hui. Du côté des transports, nous avons obtenu la fin du soutien régional à la route : depuis 2004 nous ne finançons plus d’infrastructure nouvelle. Le schéma régional des transports a pour objectif le basculement de la voiture au train. Nous avons investi dans du matériel confortable, mis en place les TER GV et développé les infrastructures, comme par exemple la ligne Don-Béthune qui a été doublée et sur laquelle l’amélioration du service a entraîné une augmentation de la fréquentation de 23% en dix mois. Globalement, depuis 1997, année où la Région a pris en charge de façon pionnière l’organisation du transport ferroviaire des voyageurs, la fréquentation a crû de 6% par an.
L’objectif pour un prochain mandat serait d’amplifier cette croissance du rail ?
Oui, mais de façon intelligente. Certains nous disent qu’il faut raccourcir les temps de parcours entre Lille et les principales villes de la région. Nous préférons encourager un développement économique, social et culturel équilibré, structuré autour de bassins d’emplois et de vie, plutôt que de mettre tout le monde sur des lignes régionales à grande vitesse construites à prix d’or pour aller travailler à Lille. Nous sommes pour une mobilité choisie, pas imposée. A l’échelle de chaque bassin d’emploi en premier lieu mais au-delà aussi évidemment, il faut offrir à chacun et chacune la possibilité de se passer de voiture en marchant, en prenant son vélo, un bus, puis le tram ou le train sans que cela pose le moindre problème. Nous travaillons en ce sens sur deux axes : un système de carte de transport unique, inspiré de ce qui existe en région parisienne où tous les réseaux sont interconnectés et la tarification simplifiée, et un système complet et généralisé vélo + train + vélo, le plus efficace à tous points de vue.
Bouger mieux et pas forcément plus en somme.
Voilà, si nous avançons vers une société plus sobre et plus efficace, nous parviendrons à sortir de ce paradoxe connu qui veut que plus on construit d’autoroutes, plus il y a de monde sur les routes et donc de bouchons. La sobriété, l’efficacité et le recours aux énergies renouvelables constituent d’ailleurs la base du scénario mis au point par l’association Virage énergie pour diminuer par 4 nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. C’est un travail remarquable sur lequel le prochain exécutif régional doit s’appuyer pour réduire radicalement notre empreinte.
Janine Petit
Membre de France Nature Environnement.
POUR UNE AGRICULTURE DÉCARBONÉE
L’agriculture est aujourd’hui responsable de 18% des émissions de gaz à effet de serre. Pourquoi ? Parce qu’en 50 ans, on est passé d’une agriculture adaptée à son terroir, basée sur l’écologie et l’agronomie à une agriculture intensive et hors-sol, assujettie à l’industrie chimique et agro-alimentaire. Remembrement, agrandissement des parcelles, monoculture, spécialisation, industrialisation, mécanisation, engrais de synthèse, produits phyto-sanitaires et hormones systématiques ont abouti à transformer les paysans en OS, dépossédés du sens de leur métier, réduits à polluer les sols et les rivières. Il faut deux tonnes équivalent pétrole (TEP) pour produire une tonne d’engrais. Pour pallier l’épuisement des sols et combattre les maladies, des milliers de tonnes d’intrants sont déversées chaque année, transformant la nature, océans compris, en déserts. L’élevage aussi dépend aujourd’hui du pétrole : de l’alimentation importée par bateaux et camions, aux médicaments systématiquement utilisés, en passant par le chauffage et l’entretien de ces usines à viande, cette agriculture est un gouffre énergétique sous perfusion d’hydrocarbures.
Peut-on encore faire marche arrière ?
L’’explosion des cours qui va précéder la fin du pétrole va nous obliger à changer de modèle. Avant cette échéance, il est encore temps de restaurer une agriculture paysanne et durable. Il faut mettre fin à la spécialisation et au gigantisme pour faire avec la nature et non pas contre. La polyculture élevage et l’agro - foresterie s’appuient sur les infinies richesses des écosystèmes et s’articulent autour de cercles vertueux : assolement de longue durée, utilisation du compost, préservation des prairies (qui stockent 15 kilos de carbone par mètre carré), mixité des espèces et des variétés (qui renforce la résistance aux maladies), création d’emplois durables. Nous sommes face à un choix de civilisation, les résistances sont grandes mais chacun et chacune d’entre nous dispose d’un incroyable bulletin de vote : son assiette. Le développement de l’agriculture bio, des associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (Amap) mais aussi la réforme de la Pac et de l’OMC, l’application enfin effective du principe pollueur/payeur sont autant d’outils du changement. Les pistes existent, il est encore temps, mais il faut agir vite.
Reportage Photo
« Jamais à court, les tenants de la croissance et du progrès ont une réponse technologique à souhait pour résoudre l’effet de serre : l’enfouissement artificiel du gaz carbonique. Petit hic, les technologies ne sont pas opérationnelles, parfois dangereuses et, de toutes façons, d’un coût extrêmement élevé. Il existe pourtant une technologie éprouvée par des millions d’années d’évolution, d’une efficacité redoutable et gratuite : les arbres. Après le plancton océanique et avec les tourbières, ils sont le principal puits de carbone naturel planétaire. à condition de réduire drastiquement nos émissions de carbone, ils sont nos meilleurs alliés dans la bataille pour le climat. »
« A nos latitudes, le carbone n’est pas tant stocké dans le bois que dans le sol. Autour des racines mais aussi du bois mort, vivent des millions de bactéries, champignons et insectes qui fixent le carbone en grande quantité. La forêt stocke beaucoup plus de carbone qu’elle n’en rejette à condition de ne pas vouloir lui imposer une logique industrielle : ne pas couper les arbres trop jeunes, proscrire les plantations rectilignes d’une même essence, laisser le bois mort. En plus, entretenu intelligemment, l’écosystème forestier fournit bois de chauffe et de construction, oxygène et biodiversité. » Florent Lamiot, écologue.
A Bonsecours, dans le Valenciennois, expérimentation d’exploitation forestière douce. Les câbles remplacent les lourds tracteurs et les ornières destructrices.
La mare à Goriaux en forêt de Saint-Amand : un exemple reproductible de reboisement sur un ancien site d’exploitation minière